Thomas Südhof

Prix Nobel de médecine

Ancien élève

L’apprentissage précoce de savoirs mémorisés n’a pas un effet positif sur le développement intellectuel et spirituel des élèves. Thomas Südhof, lauréat du prix Nobel et ancien élève Steiner-Waldorf, se déclare d’accord avec la pédagogie Waldorf sur ce point dans une interview accordée à Berlin.


Thomas Sudhof ancien élève Steiner WaldorfDeux représentants de la Fédération des écoles Waldorf indépendantes (BdFWS), Celia Schönstedt et Henning Kullak-Ublick, ont eu l’occasion de le rencontrer alors qu’il séjournait en Allemagne. Ils lui ont posé des questions sur ses travaux de recherche, sa vie en tant que lauréat du prix Nobel et ses souvenirs de sa scolarité en école Waldorf.

Südhof, qui, avec deux collègues, a reçu le prix Nobel de médecine en 2013 pour ses recherches sur la communication entre les cellules humaines, est diplômé de l’école Waldorf Hannover-Maschsee, qu’il a fréquentée jusqu’à son baccalauréat en 1975. Depuis 1983, il vit aux Etats-Unis où il conduit ses recherches.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il recommanderait aux jeunes d’aujourd’hui qui ne savaient pas quelle carrière ils devraient poursuivre après leurs études secondaires, le professeur Südhof a répondu : « Ils devraient faire ce qui les intéresse vraiment et moins se soucier des possibilités d’emploi et de l’avenir. Il conseille toujours aux jeunes scientifiques en début de leur carrière de suivre d’abord leurs intérêts et leurs inclinations. »

Lui-même a d’abord choisi d’étudier la médecine parce qu’elle lui offrait de nombreuses possibilités et que la profession de médecin lui paraissait pleine de sens. Ce n’est qu’au cours de ses études qu’il a décidé de devenir scientifique parce qu’il avait connu de grandes carences en médecine : « La médecine ne comprend pas comment les maladies se développent. C’était le point de départ de mes recherches. »

Lorsqu’on lui a demandé quel était son souvenir le plus fort de ses années d’école Waldorf, Südhof a surtout mentionné la personnalité des enseignants. « Il y avait beaucoup d’enseignants différents qui avaient leurs propres opinions, mais aussi l’ouverture d’en discuter avec nous.» La rencontre avec ces enseignants l’impressionne encore aujourd’hui. Par exemple, il se souvient d’un professeur de classe qui parlait beaucoup de sa formation antérieure de géographe et de la façon dont il avait passé l’hiver comme chercheur au Spitzberg. « Je m’en souviens encore très bien », a déclaré M. Südhof. En outre, il a débattu à plusieurs reprises de la signification et du but de l’eurythmie avec ses professeurs de secondaire.

Thomas Südhof voit « de nombreux points forts » dans la pédagogie Waldorf, dont le plus important est l’éducation à l’indépendance.  « Le fait que vous preniez vous-même l’initiative a aussi quelque chose à voir avec la créativité, a-t-il dit. Plus tard, ce n’est pas si important ce que l’on peut faire, mais que l’on prenne des initiatives et que l’on devienne réellement actif soi-même. » Le scientifique voit un autre avantage de l’école Waldorf dans son caractère d’école polyvalente qui ne sélectionne pas les élèves trop tôt. Rétrospectivement, il estime que le dialogue entre les écoles Waldorf et leur environnement mérite d’être amélioré.