Oury Thomas

Entrepreneur COO at Apidays

Ancien élève

« Je suis arrivé à l’École Steiner de Verrières-le-Buisson en région parisienne en 2è classe (équivalent du CE1) et j’ai quitté l’école à la fin de la classe de la 7è (équivalent de la 5è) pour réintégrer le collège public en 4è (vous suivez ?). Voici quelques souvenirs d’enfance de mon passage à l’École Steiner de Verrière-le-Buisson : À Steiner (c’est comme ça que nous appelions l’école familièrement), il n’y avait pas de notes sur les devoirs et les contrôles mais des appréciations et des commentaires pour s’améliorer au prochain contrôle (pas de système de compétition entre enfants, j’y reviendrai). À Steiner, nous avions des cours super cool que les autres enfants n’avaient pas dans les écoles publiques : menuiserie, couture, peinture, agriculture, musique (pas de la flûte à bec niveau 1, non, des véritables cours de musique avec du chant, toutes sortes d’instruments, du solfège et des représentations devant les parents d’élèves deux fois par an), l’enseignement de l’anglais et de l’allemand dès l’équivalent du CP en plus des matières traditionnelles, mais aussi de la cuisine bio à la cantine le midi, des plats et des produits de saisons, etc. Bref, une vision de l’éducation orientée vers l’art, les travaux manuels et l’international (plusieurs enfants de ma classe étaient par ailleurs des enfants de parents expatriés américains, pays du Golf, etc.), vers la créativité plutôt que la compétition, vers la compréhension du monde dans sa diversité et l’importance de l’écologie, vers l’épanouissement et la découverte de son unicité plutôt que de chercher à contraindre tous les enfants à un cadre unique. Pourquoi est-ce important, voire primordial aujourd’hui ? L’organisation de nos sociétés et des entreprises tend à automatiser et à confier aux machines et aux intelligences artificielles toujours plus de tâches accélérant ainsi la destruction des emplois les moins qualifiés. De nouveaux systèmes économiques fondés sur les décisions algorithmiques, données issues de services autonomes ou robotisés, notamment l’Internet des objets (IoT), que l’on nomme l’économie programmable ouvre la voie à un monde d’innovations technologiques. C’est le principe de la destruction créatrice de l’économiste Joseph Schumpeter (1883-1950) dans son livre « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » publié en 1942. Si l’arrivée du train a fait disparaître les cochers, l’intelligence artificielle aura un impact sur la destruction des emplois dans nos sociétés sans précèdent. C’est la quatrième révolution industrielle ainsi décrite par Klaus Schwab, économiste et fondateur du World Economic Forum. Alors que reste-t-il dans ce monde qui change à vitesse exponentielle ? Les emplois très qualifiés et les personnes qui créent, produisent et maintiennent toutes ces innovations technologiques. Dit autrement, qu’est-ce qui ne sera jamais confié à des machines ? La créativité humaine, l’innovation, l’art, la création, l’entreprenariat… Or, l’éducation au sein des écoles Steiner apporte le cadre idéal pour préparer les enfants à entrer dans ce monde car elle favorise justement la créativité, la diversité, et la prise de conscience des enjeux environnementaux dès le plus jeune âge. A ce titre, les nouveaux modèles d’éducation fleurissent à travers le monde aujourd’hui car l’école traditionnelle ne s’adapte pas aussi rapidement aux transformations de nos sociétés (cf. École 42 à Paris, Holberton School à San Francisco, les écoles Montessori, les plateformes d’éducation en ligne comme Udemy, etc.). »