Églantine Agathe Derremaux

Masseuse

Ancienne élève

« Voici mon expérience d’enfant : j’ai d’abord été à la maternelle puis au CP… Seulement voilà, j’étais une enfant perturbée par ma vie personnelle, familiale et dyslexique (ce qui n’était pas bien connu en 1982) ; alors je regardais le ciel et les oiseaux par la fenêtre et étais vraiment absente aux sollicitations mentales de l’apprentissage de la lecture… Ma mère qui voulait me soutenir a demandé l’aide de l’enseignante qui n’a pas su quoi faire. Elle a donc cherché un enseignement autre et c’est comme ça que je suis arrivée dans une école Steiner.

Les effectifs étaient peu nombreux et l’équipe d’enseignants à l’écoute. Surtout la pédagogie incluait beaucoup d’apprentissages par l’expérience manuelle, gestuelle, colorée, corporelle, de collaboration. J’ai compris plus tard que tout cela est très bon pour aider les dyslexies et pour des personnes qui auraient tendance à s’éloigner d’une réalité triste. Je pense aussi que les enfants, même ceux qui sont en pleine forme, ont avantage à apprendre par l’expérimentation, par la créativité, le respect des rêves, par l’acceptation de ce qui motive l’individu.

L’école Steiner a sauvé mes apprentissages de base. Je l’en remercie. J’ai quitté la scolarité à 17 ans. Steiner ou pas, je n’étais pas faite pour rester assise sur une chaise et faire des études intellectuelles. J’ai fait plusieurs jobs, manuels bien sûr, des cours du soir toujours pour évoluer, puis une formation et dix ans d’expérience en agriculture, et je suis masseuse de bien-être depuis douze ans. C’était dans mon caractère d’être curieuse et manuelle. J’ai finalement aussi guéri de mes histoires d’enfance. Mes enfants sont allés à l’école publique du quartier, j’ai essayé d’apporter la créativité… Nous y avons été les parents « bio-pas-trop-d’écrans », souvent les profs nous ont félicités de la créativité de nos deux filles et de leur vivacité d’esprit ! Ado, je pensais qu’il y avait un fossé entre les deux écoles ; en tant que parent d’élève j’ai découvert que beaucoup de profs aimeraient plus enseigner avec la créativité et l’expérience pratique. Le système conventionné n’en donne souvent pas le temps ni la liberté. Je suppose qu’aucun système ne peut être parfait pour tous. À chacun de trouver les éléments de son équilibre. »