Spiritualité
et pédagogie Waldorf

Pour une société ouverte

Les écoles Waldorf prennent au sérieux la vie spirituelle, qu’elles cultivent de façon laïque : ni confessionnelle, ni religieuse. Cette vie spirituelle commence avec la culture de qualités essentielles, comme l’émerveillement, l’ouverture d’esprit et le respect, l’empathie vis-à-vis du monde, de la nature et des autres. Elle se poursuit ensuite par l’éclosion d’une pensée individuelle et philosophique : quels sont les idéaux et valeurs morales que je reconnais moi-même comme justes ? Comment puis-je me hisser à leur hauteur pour vivre en cohérence avec moi-même ? Elle aboutit enfin à la plus haute des facultés humaines : donner sens par soi-même à sa propre vie et au monde.


Des contes, des mythes et des légendes pour nourrir l’enfance

Le jeune enfant dispose d’une imagination incroyable grâce à laquelle il peut établir un lien avec le monde, bien plus que par l’intelligence analytique de l’adulte qui n’émergera que plus tard.

La sagesse populaire le sait bien : elle est riche d’images et de contes pour enfants, reflets de la vie intérieure, des questionnements existentiels et des grands idéaux comme l’amour, la tolérance, le courage, la fraternité etc.

Auprès des plus jeunes, la pédagogie Steiner-Waldorf accorde une large place au patrimoine spirituel de l’humanité (contes, fables, faits religieux, mythologies fondatrices des grandes civilisations et des grandes religions) pour nourrir l’imagination et la vie intérieure, mais également pour s’ouvrir à une grande diversité de conceptions du monde. Cela deviendra alors plus tard nourriture de l’esprit critique de l’enfant, cruciale pour la construction qu’il entreprend de lui-même et l’édification de sa personnalité.

Du sentiment d’empathie à la culture du questionnement

Si le petit enfant vit intuitivement dans un sentiment d’empathie et d’intégration vis-à-vis de son environnement, ce sentiment se métamorphose à mesure qu’il s’approche de l’âge adulte : l’enfant ne se perçoit plus seulement comme partie d’un Tout plein de sens, mais également comme une unité individuelle.

Il devient alors peu à peu responsable devant le sens de la vie, et doit apporter lui-même ses propres réponses aux questions existentielles. Il est alors crucial que chaque cours, chaque activité soit l’occasion de questionner le monde pour se questionner en retour.

« On ne peut donner que deux choses à ses enfants, des racines et des ailes » — Antoine de St Exupéry

La démarche du questionnement philosophique imprègne ainsi de plus en plus le cursus pédagogique à l’école Waldorf à mesure que l’enfant rencontre les classes supérieures.

Fêter la nature et les saisons

Dans la quête de soi, la nature est une grande maîtresse de sagesse : plus que jamais nous avons besoin de nous rendre attentifs à son harmonie profonde et son génie créatif.

C’est pourquoi en plus des nombreuses activités consacrées à la nature, la vie à l’école Waldorf est rythmée par les fêtes des saisons, également pour ne pas oublier que nous faisons partie intégrante des cycles naturels.

Ces fêtes sont également l’occasion de célébrer le vivre-ensemble et de rencontrer les traditions régionales dans lesquelles s’enracinent nos sociétés, riches en symboles et valeurs fondatrices.

En Europe, nombre de ces fêtes sont issues de la tradition chrétienne (Noël, Carnaval, Saint Jean etc.). Parfois elles remontent à des traditions païennes ou encore, comme pour la spirale de l’Avent, elles peuvent être des innovations des pédagogues.

Sur d’autres continents les établissements vont célébrer les fêtes traditionnelles de leur culture : dans les nombreuses écoles Waldorf en Israël, on fête Hannuka et Yom Kippur, en Inde on fête Divali et en Chine, les écoles Waldorf cultivent la culture traditionnelle chinoise etc.

Bien commencer la journée

La plupart des écoles Waldorf choisissent de débuter la journée avec des paroles partagées par les élèves et le professeur, qui mettent en relief le préalable indispensable à l’apprentissage : le lien à soi et le lien au monde.

Ces paroles peuvent différer d’une école à l’autre, certaines, dans un esprit de tradition ont conservé les paroles de la première Waldorf de Stuttgart (1919), qui contiennent le mot « Dieu ». Celui-ci n’est pas employé dans un sens confessionnel, mais au contraire dans un esprit de liberté, comme le faisaient Voltaire ou Victor Hugo, laissant chacun libre de s’en approprier le sens.